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Archive for April, 2011

The Taming of the Fox

April 17, 2011 Leave a comment

Chapitre XXI


C’est alors qu’apparut le renard.

-Bonjour, dit le renard.

-Bonjour, répondit poliment le petit prince, qui se tourna mais ne vit rien.

-Je suis là, dit la voix, sous le pommier.

-Qui es-tu? dit le petit prince. Tu es bien joli…

-Je suis un renard, dit le renard.

-Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince. Je suis tellement triste…

-Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé.

-Ah! Pardon, fit le petit prince.

Mais après réflexion, il ajouta :

-Qu’est-ce que signifie “apprivoiser”?

-Tu n’es pas d’ici, dit le renard, que cherches-tu?

-Je cherche les hommes, dit le petit prince. Qu’est-ce que signifie “apprivoiser”?

-Les hommes, dit le renard, ils ont des fusils et ils chassent. C’est bien gênant! Il élèvent aussi des poules. C’est leur seul intérêt. Tu cherches des poules?

-Non, dit le petit prince. Je cherche des amis. Qu’est-ce que signifie “apprivoiser”?

-C’est une chose trop oubliée, dit le renard. Ca signifie “Créer des liens…”

-Créer des liens?

-Bien sûr, dit le renard. Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’a pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde…

-Je commence à comprendre, dit le petit prince. Il y a une fleur… je crois qu’elle m’a apprivoisé…

-C’est possible, dit le renard. On voit sur la Terre toutes sortes de choses…

-Oh! ce n’est pas sur la Terre, dit le petit prince. Le renard parut très intrigué :

-Sur une autre planète ?

-Oui.

-Il y a des chasseurs sur cette planète-là ?

-Non.

-Ca, c’est intéressant! Et des poules ?

-Non.

-Rien n’est parfait, soupira le renard.

Mais le renard revint à son idée :

-Ma vie est monotone. Je chasse les poules, les hommes me chassent. Toutes les poules se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m’ennuie donc un peu. Mais si tu m’apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m’appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde! Tu vois, là-bas, les champs de blé? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c’est triste! Mais tu a des cheveux couleur d’or. Alors ce sera merveilleux quand tu m’aura apprivoisé! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j’aimerai le bruit du vent dans le blé…

Le renard se tut et regarda longtemps le petit prince :

-S’il te plaît… apprivoise-moi! dit-il.

-Je veux bien, répondit le petit prince, mais je n’ai pas beaucoup de temps. J’ai des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître.

-On ne connaît que les choses que l’on apprivoise, dit le renard. Les hommes n’ont plus le temps de rien connaître. Il achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n’existe point de marchands d’amis, les hommes n’ont plus d’amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi!

-Que faut-il faire? dit le petit prince.

-Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t’assoiras d’abord un peu loin de moi, comme ça, dans l’herbe. Je te regarderai du coin de l’oeil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t’asseoir un peu plus près…

Le lendemain revint le petit prince.

-Il eût mieux valu revenir à la même heure, dit le renard. Si tu viens, par exemple, à quatre heures de l’après-midi, dès trois heures je commencerai d’être heureux. Plus l’heure avancera, plus je me sentirai heureux. À quatre heures, déjà, je m’agiterai et m’inquiéterai; je découvrira le prix du bonheur! Mais si tu viens n’importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m’habiller le coeur… il faut des rites.

-Qu’est-ce qu’un rite? dit le petit prince.

-C’est quelque chose trop oublié, dit le renard. C’est ce qui fait qu’un jour est différent des autres jours, une heure, des autres heures. Il y a un rite, par exemple, chez mes chasseurs. Ils dansent le jeudi avec les filles du village. Alors le jeudi est jour merveilleux! Je vais me promener jusqu’à la vigne. Si les chasseurs dansaient n’importe quand, les jours se ressembleraient tous, et je n’aurais point de vacances.

Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l’heure du départ fut proche:

-Ah! dit le renard… je pleurerai.

-C’est ta faute, dit le petit prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t’apprivoise…

-Bien sûr, dit le renard.

-Mais tu vas pleurer! dit le petit prince.

-Bien sûr, dit le renard.

-Alors tu n’y gagnes rien!

-J’y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé.

Puis il ajouta :

-Va revoir les roses. Tu comprendras que la tienne est unique au monde. Tu reviendras me dire adieu, et je te ferai cadeau d’un secret.

Le petit prince s’en fut revoir les roses.

-Vous n’êtes pas du tout semblables à ma rose, vous n’êtes rien encore, leur dit-il. Personne ne vous a apprivoisé et vous n’avez apprivoisé personne. Vous êtes comme était mon renard. Ce n’était qu’un renard semblable à cent mille autres. Mais j’en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde.

Et les roses étaient gênées.

-Vous êtes belles mais vous êtes vides, leur dit-il encore. On ne peut pas mourir pour vous. Bien sûr, ma rose à moi, un passant ordinaire croirait qu’elle vous ressemble. Mais à elle seule elle est plus importante que vous toutes, puisque c’est elle que j’ai arrosée. Puisque c’est elle que j’ai abritée par le paravent. Puisque c’est elle dont j’ai tué les chenilles (sauf les deux ou trois pour les papillons). Puisque c’est elle que j’ai écoutée se plaindre, ou se vanter, ou même quelquefois se taire. Puisque c’est ma rose.

Et il revint vers le renard :

-Adieu, dit-il…

-Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple : on ne voit bien qu’avec le coeur. L’essentiel est invisible pour les yeux.

-L’essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir.

-C’est le temps que tu a perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.

-C’est le temps que j’ai perdu pour ma rose… fit le petit prince, afin de se souvenir.

-Les hommes on oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l’oublier.Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose…

-Je suis responsable de ma rose… répéta le petit prince, afin de se souvenir.



From Le Petit Prince, by Antoine de Saint-Exupéry

Categories: links, love, memories, reflection

Candy corn

April 10, 2011 2 comments

“I’ve never liked candy corn.” I wrinkled my nose at the proffered bag. He continued holding it out, rattling the bag slightly as if to make the brightly colored candy somehow more enticing. I shook my head again and raised a hand as if in self defense.

He laughed. “How is it possible not to like them? They’re almost entirely made of sugar.” He withdrew the bag, shook a few pieces onto his palm, and, throwing his head back, dumped them into his open mouth with obvious relish.

I made a face and shrugged. The wind was brisk today, tugging insistently at my hair and making the fallen leaves skitter around our feet and the park bench we sat on. It was a classic autumn day: sunlight filtering through the trees and creating golden pools on the ground, the almost chatter-like sounds of desiccated leaves rustling in the wind filling our ears, and that deep, piercing scent of almost-frost in the air. I leaned back on the bench, closed my eyes, letting the sunlight warm my eyelids.

“I just remember them tasting funny. I guess I was pretty picky as a child, though,” I amended, trying to think back.

“Then maybe your memory of their taste is outdated, and you should try them again to update your memory bank,” he suggested playfully, and I heard the crinkle of plastic close to my face again. I opened my eyes and gave a mock sigh.

“Okay, fine. Just one…” I dipped two fingers inside the bag and withdrew one candy corn piece. Gingerly, I put it on my tongue, letting it rest there briefly before biting the candy in half. The familiar sickly sweetness assaulted my taste buds, and I grimaced.

“Ugh! Nope, they’re just as awful as I remember,” I spoke through the pieces of candy in my mouth – pieces I now refused to swallow. I turned my head away to spit the candy out onto the grass.

“Wait. Here.” His hand on my shoulder stopped me, and I turned to see his other hand, half-cupped, raised level to my chin. I blinked.

“Um. You – you want me to spit it out in your hand?”

“Yes.”

“Seriously?”

“Yes.”

I hesitated. I wanted to ask why. I wanted to just ignore the offer and spit the candy out on the ground. I wanted to look away from his suddenly serious eyes. My mouth half-opened, full of questions and mild outrage and protests. But no sound came out. Seconds ticked by as I looked at him, trying to gauge how serious he was. My eyes narrowed. Was this some kind of game? A test? An opportunity for ridicule?

The corners of his lips curled slightly in a smile that was more a challenge than a taunt.

I made to spit the candy out, thinking he’d pull his hand away and laugh. Instead, he just lowered his arm slightly, so that I had to bend further down to avoid missing his hand. I felt oddly, ridiculously committed to the action now. I pushed the two pieces of candy out of my mouth, depositing them – and a generous coating of saliva – onto his open palm.

My face flushed at this thing I’d just done. Flushed with embarrassment … and – something else?

I gave him a sidelong glance, but he just smiled and pulled his hand back, closing his fingers around the candy. He turned and threw the candy a few feet away. His face, when he turned back around, held only a gentle, satisfied expression – no malice or mocking glee there. I swallowed away the lingering taste of the candy corn. Not quite knowing how to dispel the strange, confused sensation that had suddenly filled my chest, I just wrinkled my nose at him again.

He laughed lightly, ran his clean hand through my hair, and gave the back of my head a few gentle scritches.

I closed my eyes again, letting the sensation of his fingers in my hair melt away my confusion.

“Why do I feel like I’m being patted on the head like a puppy who’s been good?”

He laughed again.

Categories: fantasy, writing

Back again from Seattle

April 7, 2011 Leave a comment

I’m back from yet another Seattle trip. This time I had quite a few agendas to fulfill, outside of serving Max and spending time with him. I blocked off a good chunk of time to work on my SEAF installation with my fellow artist collaborator, I attended a small bootblacking class, and I attended two of Mark Yu‘s three workshops at the CSPC. There was also the monthly “Bondage is the Point” party at the Center after the last of Mark’s workshops.

It was a very full trip – even more so than usual.

But none of it really took away from my time with Max, which was nice. It is amazing to me to think of how far I’ve come in my relationship and service with him in the year-and-a-half since we first crossed paths. I love how much more intimate I become with his house and rhythm after each visit, how I’m more able to help out just because I know where things are and where they need to go. And of course, each trip brings me closer to Max with an intensity and urgency that makes me all the more eager for our next encounter and sustains me (somewhat) during our time apart.

I am meeting more people in Seattle, too, making new friends and strengthening existing acquaintanceships, which is always lovely – even if I sometimes tire out and have to retreat into solitude to recharge between social events.

By the time I found myself waiting in SeaTac airport to board my flight back to San Francisco, it was with the strange feeling of both leaving and returning home. I’m excited to be back in San Francisco now and returning to jobs and friends and to my own room; yet I am also planting roots in Seattle that are becoming more and more difficult to ignore.

Categories: life, links